Message du secteur jeune de Gauche Unitaire aux jeunes du PGE réunis à Berlin du 9 au 12 décembre

Le congrès du Parti de la Gauche Européenne qui s’est tenu du 3 au 5 décembre à Paris a été l’occasion pour nous de nouer des contacts avec les autres jeunes des délégations des partis membres du PGE, notamment les membres du Bloc de Gauche portugais et de Die Linke allemand. Une rencontre des jeunes en marge de ce congrès a été l’occasion notamment d’aborder l’actualité du mouvement étudiant en Italie, et de préparer l’assemblée générale d’ENDYL (the European Network of Democratic Young Left), le réseau des jeunes membres des partis composant le PGE, qui se tient du 9 au 12 décembre à Berlin.

En raison de l’adhésion récente de Gauche Unitaire au PGE, notre secteur jeune n’a pu être partie prenante de cette assemblée générale ; c’est la raison pour laquelle nous avons envoyé un message de soutien aux participants à cette assemblée générale.

Des rencontres de ce genre sont plus que souhaitables au vu des attaques portées contre les jeunes dans tous les pays d’Europe, comme on le voit actuellement en Italie et en Angleterre. Gauche Unitaire est disponible pour toutes les initiatives militantes d’échanges ou de mobilisation, car si les attaques des classes dominantes sont les mêmes dans toute l’Europe, notre riposte sera internationale !

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Aux organisations parties prenantes de l’assemblée générale d’ENDYL, membres du PGE

A Paris, le 7 Décembre 2010

Chers camarades,

Au regard de l’adhésion récente de notre organisation – la Gauche Unitaire – au Parti de la Gauche Européenne, nous ne pouvons malheureusement pas être présents à vos côtés à l’occasion de ce congrès de jeunesse. Nous tenions cependant à vous faire part de notre solidarité et vous réaffirmer notre entière disponibilité quant aux initiatives du PGE concernant la jeunesse.

Depuis plusieurs années en France, la jeunesse a multiplié les luttes et les résistances. Des manifestations de 2002 contre l’extrême-droite aux mouvements de lutte pour sauvegarder une Université publique – en passant par les mobilisations contre l’introduction de la précarité comme norme généralisée pour les moins de 25 ans – dans les quartiers, dans les lycées comme dans les facs, les jeunes en France ont combattu les politiques ultralibérales et sécuritaires de la droite. Jusque dans les urnes, avec le rejet du Traité Constitutionnel Européen lors du référendum de 2005, les jeunes ont affirmé leur rejet d’une politique dévastatrice qui casse les solidarités et érige le marché en horizon indépassable. Dans les mois qui viennent de s’écouler, durant la bataille contre la réforme des retraites, la jeunesse a fait les frais de la violence d’Etat, face au déploiement d’une répression individuelle et collective sans précédent. Facteur d’unification des luttes, rappelant systématiquement l’urgence du « travailler moins pour travailler tous » et donc d’un autre choix de société, elle a payé le prix fort son engagement dans le mouvement interprofessionnel.

Le mouvement historique de grève interprofessionnel que nous venons de connaître à mis au centre des préoccupations la question centra le du partage des richesses produites dans notre pays. C’est en s’appuyant sur la centralité de cette problématique que notre mouvement a pu prendre une ampleur et une radicalité politique qui a surpris tous les commentateurs. Par cette même centralité de la lutte des classes, la question de la reconstruction d’une alternative – d’un parti qui fait pour l’instant défaut au monde du travail – n’a jamais été d’une si brûlante actualité : l’absence d’un outil politique à la hauteur des enjeux, qui puisse donner corps au salariat dans la lutte des classes, s’est avérée décisive dans la défaite que nous venons de connaître. En l’absence d’une politique réellement à gauche, le risque est grand que la désespérance sociale entraîne les jeunes et les travailleurs à se tourner vers l’extrême droite. Cela est encore plus vrai en ce qui concerne la jeunesse. Si les jeunes en France font la démonstration depuis 10 ans de leur refus du projet néolibéral, aucune force politique n’est aujourd’hui en capacité de capitaliser le potentiel qu’ils représentent. En 1981, l’Assemblée Nationale comptait 38% de députés de moins de 45 ans, contre moins de 15% seulement aujourd’hui. Lors des dernières élections régionales, 3 jeunes sur 4 ne se sont même pas déplacés jusqu’aux urnes. Pour nous, il y a urgence.

Le cas de la jeunesse française n’est pas isolé. Partout en Europe de nouvelles générations voient le jour. La « génération CPE » française trouve son équivalent dans la plupart des pays de l’Union : « génération 800 euros » en Grèce, au Portugal ou en Italie, mouvement étudiants de plus en plus puissants en Allemagne ou en Grande-Bretagne, etc. Les thématiques et les enjeux sont partout les mêmes, de l’opposition au processus de Bologne aux questions d’insertions et de précarité. Il est temps pour nous aujourd’hui d’organiser, à l’échelle la plus large possible, l’opposition ouverte de la jeunesse à la pseudo « modernisation » néolibérale. Les processus de recompositions politiques de la « gauche de gauche » sont ouverts un peu partout, mais nous devons aussi prendre en compte l’élargissement du champ d’affrontement : c’est simultanément par un mouvement social européen et la prise des institutions politiques à tous les niveaux que nous pourrons stopper la machine de guerre lancée aujourd’hui contre les droits des travailleurs.

C’est là que prend sens notre participation au Front de Gauche en France, tout comme notre récente adhésion au Parti de la Gauche Européenne. Nous sommes évidemment disponibles pour toute forme d’initiative du PGE dans le secteur de la jeunesse. Nous vous adressons donc en attendant tous nos encouragements pour ce congrès de travail et de mise en ordre de bataille.

Recevez, chers camarades, nos salutations anticapitalistes et unitaires. Le futur du mouvement ouvrier, la construction d’un socialisme du 21ème siècle, repose aujourd’hui en grande partie sur nos épaules !

Le Secteur Jeune de la Gauche Unitaire

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