Le PS a rendu public mardi 5 avril son programme pour la présidentielle, intitulé « Priorités 2012 » et regroupant 30 propositions.
Ce document aborde diverses thématiques, mais en dépit de bonnes intentions disséminées ici et là, rien de fondamentalement nouveau n’est proposé pour la jeunesse, voire certaines propositions sont de véritables dangers pour nos droits.
Parmi les aspects positifs, on peut retenir la mise en place du CV anonyme pour lutter contre les discriminations à l’embauche, ou la requalification des stages en contrats de travail pour mettre fin aux abus que l’on connaît aujourd’hui, même s’il n’est pas prévu d’augmenter les rémunérations qui y sont attachées.
De la même manière, en matière éducative, il est proposé de mettre l’accent sur le primaire et les premiers cycles du supérieur. C’est en effet là que s’effectue le tri principal entre les élèves bénéficiant d’un bon bagage culturel et ceux n’en bénéficiant pas. Pour autant, rien n’est dit sur le problème principal de l’Éducation Nationale : le manque de moyens, qui entraîne les suppressions de postes et la dégradation progressive de l’éducation. Tous les discours sur la lutte contre l’échec ne relèvent que du vœu pieux lorsqu’ils sont réalisés à moyens constants. Rien non plus sur la concurrence entre établissements, mis en place progressivement de la maternelle à l’Université. Pourtant, si l’on veut donner à tous les mêmes droits, cela suppose au moins de restaurer la carte scolaire, de sortir de la loi d’autonomie des universités et de la loi Chatel sur les lycées.
Pas d’opposition franche à l’autonomie des établissements scolaires ; de surcroit, pas un mot sur la nécessité de création de postes dans la fonction publique pour répondre aux enjeux.
Enfin, l’allocation d’autonomie, revendication historique des mouvements de jeunesse est proposée « sous conditions de ressources », et afin que les jeunes « réussissent leurs études ». On est loin d’un revenu qui serait versé à tous les jeunes en formation ou en recherche d’emploi pour leur donner les moyens de leur autonomie et qui éviterait la pression à la baisse sur le marché du travail. Déjà le gouvernement Jospin avait transformé cette allocation d’autonomie en allocation d’études, donc réservée aux seuls étudiants, et encore, à ceux qui n’étaient pas bénéficiaires du régime de bourse. On est donc très en deçà de ce qu’il faudrait pour remédier efficacement à la situation de précarité de la jeunesse.
Tout cela démontre une chose, que Michel Sapin, chargé du chiffrage du projet, assumait complètement dans Le Monde : « nous nous sommes interrogés sur le possible et non sur le souhaitable. » A aucun moment dans son projet, le PS ne pose véritablement la question d’une autre répartition des richesses et reste donc prisonnier d’une logique où toute politique sociale ambitieuse se trouve limitée par le manque de moyens.
Pour notre part, nous sommes convaincus qu’une politique de gauche ayant la volonté d’ouvrir de nouveaux droits pour les jeunes passera nécessairement par quelques mesures ambitieuses : un pré-salaire d’autonomie pour tous les jeunes en formation ou en recherche d’emploi, le droit à une formation qualifiante pour tous, l’application réelle du droit au travail par la création d’emplois publics et un meilleur encadrement de l’apprentissage et de l’alternance, la chasse à toutes les formes de discriminations et aux abus de la police. C’est ce que nous mettrons en avant lors des prochaines discussions sur le Programme Partagé du Front de Gauche.



