Emplois des jeunes : vous reprendrez bien un peu de précarité ?

Rappelez vous c’était il y a quelques mois. Le gouvernement en pleine crise sociale nous assurait que le dialogue social n’était pas rompu. La preuve en était avec l’ouverture d’un nouveau chantier : l’emploi des jeunes.

La situation de notre génération est en effet plus que préoccupante. 23% des jeunes sont au chômage. La déqualification est une réalité quotidienne de nombreux d’entre nous. Notre génération sera la première à vivre moins bien que ses parents.

Le gouvernement et le patronat main dans la main, veulent profiter de cette situation pour institutionnaliser de nouvelles formes de contrats et de statuts précaires. Ils avancent deux solutions pour résoudre le chômage des jeunes : les stages et l’alternance.

L’accord signé par une minorité de syndicats prévoit de limiter à 6 mois maximum le la durée des stages dans une même entreprise. Tout le monde peut s’accorder pour dire que cette durée est déjà largement suffisante pour dépasser la seule approche pédagogique que devrait apporter un stage. Les entreprises pourront continuer de recruter des stagiaires pour occuper des vrais postes à un coût défiant toute concurrence. Dans le même temps en effet, rien n’est prévu concernant leur  gratification (30% du SMIC au bout du troisième mois) ou l’accès à la protection sociale (les stagiaires ne cotisent pas et n’ont donc pas accès aux mêmes protections que les salariés).

Ce même accord prévoit de favoriser le développement de l’alternance dans les entreprises, par le biais d’exonérations de cotisations. Or non seulement cela n’apporte aucune garantie en terme de recrutement et d’emploi stable mais en plus cela fait reposer les poids de poste équivalent temps plein sur des jeunes, parfois très jeunes, en formation, payés 25% du SMIC. Au final pour les entreprises c’est encore du bonus d’économisé sans aucune plus-value pédagogique.

La logique à l’œuvre est perverse mais bien connue. On fait du chantage à l’emploi pour allonger toujours plus le sas de précarité avant le premier emploi stable, permettant de pressurer au maximum la jeune force de travail.

Pour combattre le chômage chez les jeunes, il n’y a pas 36 solutions : il faut oser affronter les intérêts de ceux qui les précarisent.

Pour les sortir de la précarité, de la dépendance familiale qui les forcent à accepter n’importe quelle condition d’embauche il faut créer un statut social pour tous les jeunes, leur donnant les moyens financiers d’accéder à une formation de qualité et à l’autonomie.

Pour en finir avec les sous contrats, il faut obliger les entreprises à refaire du CDI à plein temps la norme du contrat de travail, y compris dès la première embauche.

Pour sécuriser le parcours et garantir une qualification égale pour une même formation il faut revenir à un cadrage national des diplômes, reconnu dans les conventions collectives.

Mais surtout pour en finir définitivement avec le chômage, il faudra organiser différemment le temps de travail : travailler moins pour travailler tous. Cela passe par les 35 heures effectives et le retour à la retraite à 60 ans à taux plein.

Cela tombe bien, c’est ce que propose le Front de Gauche.

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